Le vautour, ce rapace tellement majestueux et précieux

vautour Hérault

Le samedi 6 septembre 2020, la LPO Hérault (Ligue de Protection des Oiseaux) a procédé au relâcher de deux vautours fauves, qui avaient été au préalable secourus et soignés, sur le grand site du Cirque de Navacelles. Un magnifique spectacle offert par l’équipe en cette journée Internationale de sensibilisation aux vautours.

A découvrir à travers ce court-métrage ...

A propos de cet animal

Le vautour, baptisé « l’équarrisseur naturel » est un rapace diurne nécrophage, qui se nourrit exclusivement de cadavres d’animaux sauvages ou de bétail domestique mort. Charognard, le vautour ne s’attaque pas aux animaux vivants, mais uniquement à leur dépouille et notamment aux carcasses de gros animaux, dont il est le seul à pouvoir éliminer toute trace.

Avec sa vue perçante, il est capable de repérer un corps sans vie de 30 centimètres alors qu’il vole à 3600 mètres d’altitude. Les vautours se déplacent rarement seuls, et lors du repérage de carcasses, ils gardent un œil sur leurs congénères pour ne rater aucune occasion de participer à un festin. Ils peuvent parfois parcourir de très longues distances pour trouver de la nourriture (jusqu’à des centaines de kilomètres en une journée).

En Europe et sur le pourtour méditerranéen, on recense quatre espèces différentes de vautours, et chacune d’elles est spécialisée dans la consommation de certaines parties de cadavre. Le vautour fauve plonge sa tête dans les orifices naturels des animaux morts pour y consommer les tissus mous (muscles, viscères, foie, poumons). Voilà d’ailleurs pourquoi le cou de ces vautours n’est recouvert que d’un très fin duvet : pour éviter qu’ils ne souillent trop ses plumes au moment du repas ! Viennent ensuite les vautours moines, qui préfèrent les tissus plus coriaces, tels que : peau, cartilage, tendons, petits os. Les vautours percnoptères se contentent des restes, tandis que les gypaètes barbus se délectent avec des gros os ; une de leurs techniques consiste à les laisser tomber sur les rochers en plein vol pour les briser et les déguster ensuite.

Chaque espèce de vautour n’est cependant pas indispensable pour faire place nette, une seule espèce peut consommer un cadavre d’animal dans son intégralité.

vautour biodiversité

Le rôle des vautours pour la biodiversité et la santé publique

Équipés d’un excellent système digestif, les vautours s’attaquent à toutes sortes de cadavres, y compris ceux d’animaux malades, car aucun virus ni bactérie pathogène ne leur résiste. Leur alimentation basée sur la consommation de charognes permet d’éviter la pollution des sols, de l’eau de source, de cours d’eau et la transmission de maladies épidémiques, liées à la décomposition de dépouilles jonchant le sol. La diminution du nombre d’individus n’est donc pas sans conséquences, car moins les vautours sont nombreux, moins ils peuvent intervenir rapidement pour éliminer les restes d’animaux.

En France, dans les régions où on les rencontre, les vautours sont également les alliés des éleveurs à qui ils permettent d’opter pour l’équarrissage naturel, au détriment de l’équarrissage industriel, ce dernier étant beaucoup plus onéreux et polluant (notamment en terme de transport de cadavres d’animaux sur de longues distances). Privilégier l’équarrissage naturel permet donc aux éleveurs  de réduire leur CVO (contribution financière au service d’équarrissage industriel), en aménageant une aire de dépôt où il déposent les bêtes mortes issues de leur exploitation, à destination des rapaces nécrophages.

Beaucoup de menaces pèsent sur les populations de vautours : empoisonnements directs/indirects, destruction de leur habitat et aménagement du territoire (lignes électriques, éoliennes…), activités humaines (escalade sur sites naturels, tourisme…), diminution des ressources alimentaires disponibles, actes de malveillance…

L’équilibre de cet animal protégé reste très fragile, il est donc important d’aller à sa rencontre pour apprendre à mieux le connaître et tout mettre en place pour le préserver… 

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