Les chauves-souris

protéger chauve-souris

Avec leur look atypique et les nombreuses légendes qui ont alimenté les croyances les plus folles, ces petits mammifères ont encore la vie dure aujourd’hui et suscitent toujours inquiétudes et frémissements chez les petits et les grands. Par ailleurs, la crise du Covid 19 n’aura pas amélioré leur cote de popularité auprès d’une partie de la population…

Pourtant, ce petit animal est un acteur très important dans l’équilibre naturel et pas seulement … Découvrons pourquoi !

Quel est le rôle des chauves-souris ?

Les chauves-souris permettent la pollinisation de certaines espèces végétales, la dispersion de graines de fruits dont elles se nourrissent (surtout dans les zones tropicales) et la régulation du nombre d’insectes. Chez nous, les chauves-souris sont principalement insectivores et mangent en moyenne chaque nuit 3000 insectes, faites donc le calcul ! En limitant le nombre d’insectes, elles permettent de protéger les récoltes sans avoir recours aux pesticides, d’où l’intérêt pour les producteurs de les accueillir sur leurs terres. Et dans certaines régions du globe, elles contribuent à contrôler les populations d’insectes porteurs de maladies, telles que le Zika, la dengue et le paludisme.

Elles ont donc un rôle essentiel pour nos écosystèmes et restent des alliées de choix.

Les chauves-souris au jardin

Il n’est pas rare d’assister au vol ultra rapide de ces petits mammifères au jardin, à l’aube ou au crépuscule des journées d’été. Les observer est bon signe, c’est que l’environnement dans lequel vous vous trouvez est sain. Classées parmi les chiroptères, il s’agit du seul mammifère capable de vraiment voler.

Comment les aider ?

L'habitat

Les chauves-souris sont des espèces protégées, il est donc interdit de les détruire ou de les déplacer.

Il arrive que les chauves-souris s’abritent dans les greniers, toitures ou toute autre cavité de nos habitations. Si vous en découvrez, ne paniquez pas et ne les dérangez pas… au risque de les tuer ! Avec la raréfaction et la perturbation des habitats naturels (destruction des vieux troncs, visite de grottes, spéléologie…) et l’urbanisation croissante, ces animaux n’ont d’autres choix que de trouver refuge dans nos constructions… Que ce soit pour fuir la lumière et s’y reposer, pour hiberner ou encore mettre leurs petits à l’abri.

Si vous êtes gênés par leurs déjections, il est possible d’utiliser une bâche de protection dans vos combles, de passer de temps à autre un coup de balai sur votre terrasse, ou encore de les utiliser comme compost de qualité et gratuit !

Si vous le souhaitez, vous pouvez leur dédier des abris spécifiques (achetés ou confectionnés maison). Accéder à un tuto ici.

Orientation plein sud ou sud-est (sur un mur ou un arbre, dans un endroit ensoleillé), à une hauteur comprise entre 3,50 m et 5 m. Le nichoir peut être installé dès la fin de l’hiver, lorsque les chauves-souris ont fini leur hibernation.

Quelques éléments à prendre en compte en cas de travaux de démolition ou rénovation

Avant d’effectuer des travaux, il est préférable de faire un état des lieux, pour éviter de causer des dommages aux chauves-souris. Voici quelques éléments importants :

  • Privilégier l’automne pour réaliser ce type de travaux (en-dehors des périodes de reproduction et d’hibernation)
  • Éviter d’utiliser des produits susceptibles d’intoxiquer les chauves-souris, tels que fongicides et insecticides
  • Maintenir un petit interstice leur offrant un accès
  • Si vous devez reboucher des fissures, inspectez-les bien avant (en profondeur) et si possible, étalez le mortier en début de soirée (quand les chauves-souris sont sorties)
  • N’hésitez pas à garder un accès à votre grenier, un tout petit trou suffit !

La nourriture

Accueillir ces animaux chez nous, c’est limiter la prolifération d’insectes (notamment les moustiques), protéger nos potagers et certaines plantes du jardin en limitant le nombre d’insectes friands de végétaux (pyrale du buis…). L’idéal est bien sûr d’éviter tout produit chimique et insecticide au jardin !

Limiter l'éclairage nocturne

respect nature nuit

L’éclairage nocturne est une invention de l’homme pour le servir, mais il a un réel impact sur la faune et la flore. En effet, le métabolisme et le mode de vie des animaux et des plantes sont basés en grande partie sur les cycles jour/nuit. En éclairant des zones en continu, on participe à toute une série de dérèglements sans même le savoir ! C’est d’ailleurs pour cette raison que certaines communes ont décidé d’éteindre l’éclairage public une bonne partie de la nuit.

Nos éclairages ont la caractéristique d’attirer les insectes et notamment les papillons de nuit, qui tournoient sans répits autour de la source lumineuse jusqu’à épuisement. Les chauves-souris auront donc pour choix de concentrer leur zone de chasse autour des poteaux d’éclairage (où grouillent les insectes) ou parcourir de longues distances, loin de leur abri, pour trouver une zone non éclairée. Dans les deux cas, les chauves-souris seront beaucoup plus vulnérables face aux attaques de prédateurs.

De même que l’éclairage de monuments (églises, ponts…) à des fins touristiques et esthétiques, et où trouvent refuge les chauves-souris, cause de réelles perturbations.

Chauve-souris : vecteur de transmission de maladies ?

Parmi plus de 1000 espèces existantes dans le monde, les scientifiques ont pu démontrer l’implication des chauves-souris dans le développement de certaines épidémies, telles que : Ebola, Nipah, SARS-CoV ou encore SARS-CoV-2, or, la plus grosse part des chauves-souris ne transmettent aucune maladie à l’homme. Lorsque ce type d’épidémie survient, elle résulte de désordres écologiques créés par l’homme lui-même (Exemple : les marchés d’animaux vivants détenus dans des conditions déplorables en Chine…). Dans nos régions, il semblerait que ces animaux puissent être porteurs du « European Bat Lyssavirus », virus proche de la rage (du chien ou du renard). Cependant, les risques de transmission restent très faibles, car les chauves-souris sont des animaux très farouches, qui fuient le contact avec les humains et leurs animaux de compagnie. Cependant, si vous deviez être amené à manipuler une chauve-souris (égarée ou blessée), il est indispensable que vous portiez des gants, pour éviter tout risque de morsures ou griffures.

N’hésitez pas à vous tourner vers un centre spécialisé pour obtenir des informations complémentaires ou si vous trouvez un animal blessé.

La fin d'un mythe ?

chauve-souris

Vous l’aurez compris, les chauves-souris présentent bien plus d’avantages que d’inconvénients et leur présence est un atout indéniable pour la biodiversité. Et non, les chauves-souris ne s’agripperont jamais à votre chevelure, comme on a pu le voir dans certains films ou dessins animés ! 

Laissons derrière nous toutes ces histoires lugubres de sorcières et de porte-malheurs… Et participons plutôt à la sauvegarde de cet animal encore très fragile. D’autant qu’avec une, voire deux progénitures maximum par femelle et par an, il est important de les préserver !

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